Dérivation de responsabilité solidaire en matière fiscale en Espagne (art. 42 LGT) : guide complet 2026 et différences avec la Sécurité sociale

Comprendre la dérivation de responsabilité solidaire de l'art. 42 LGT : cas, procédure, délais et défense face à l'AEAT. Comparaison avec la responsabilité solidaire de l'art. 42 ET devant la TGSS : similaires mais très différentes.

Un outil puissant de l'AEAT à bien comprendre

La dérivation de responsabilité solidaire en matière fiscale est l'un des mécanismes les plus puissants dont dispose l'Agence fiscale espagnole (AEAT) pour recouvrer des dettes impayées. Elle permet de tenir un tiers — administrateur, associé, successeur d'activité ou collaborateur dans une infraction — personnellement responsable sur son propre patrimoine d'une dette fiscale qui ne lui appartenait pas initialement.

Cette figure est régie par l'article 42 de la Loi générale fiscale espagnole (LGT) et constitue aujourd'hui un instrument quotidien contre entrepreneurs, indépendants, héritiers d'entreprise et particuliers qui se retrouvent, souvent sans le savoir, exposés à la dette fiscale d'un tiers.

Cet article explique ce qu'elle est, quand elle s'applique, comment se déroule la procédure et surtout comment se défendre. À la fin, nous la comparons avec la responsabilité solidaire de l'article 42 du Statut des travailleurs face à la TGSS — analysée dans notre [affaire gagnée de responsabilité solidaire en Sécurité sociale (Jugement 183/2026)](/blog/responsabilidad-solidaria-articulo-42-et-tgss) : ce sont des figures similaires en apparence mais très différentes quant aux conditions, délais et stratégie de défense.

1. Qu'est-ce que la dérivation de responsabilité solidaire fiscale ?

C'est l'acte administratif par lequel l'AEAT déclare qu'une personne autre que le débiteur principal devient redevable de l'intégralité de la dette fiscale, au même titre que celui-ci.

Contrairement à la responsabilité subsidiaire, le fisc n'a pas besoin d'épuiser la voie d'exécution ni de déclarer l'insolvabilité du débiteur principal : il suffit que le délai de paiement volontaire ait expiré et que la dette reste impayée pour ouvrir le dossier contre le responsable solidaire.

2. Conditions matérielles et formelles

Pour que la dérivation soit légalement exigible, deux niveaux doivent être réunis :

Condition matérielle : existence d'un cas prévu à l'art. 42 LGT (collaboration à une infraction, succession d'activité, dissimulation de biens, non-respect d'ordres de saisie, etc.).

Condition formelle : l'AEAT doit suivre une procédure stricte avec trois étapes obligatoires :

  1. Audience du responsable présumé, avec 15 jours ouvrables pour faire valoir ses observations.
  2. Décision motivée prouvant les faits et la culpabilité.
  3. Notification avec avis de paiement indiquant le délai de l'article 62.5 LGT.